L’anglais

Apprendre l’anglais à l’école Montessori

Il est facile d’introduire une deuxième langue dans une classe Montessori car dans chaque classe nous avons au moins deux adultes, l’un francophone et l’autre anglophone. La présence d’un éducateur de langue maternelle anglaise dans la classe, aux côtés de l’éducateur francophone, ainsi que celle d’enfants anglophones, permettent de créer un bain linguistique dans lequel les enfants vont pouvoir découvrir une deuxième langue de façon très naturelle. L’enfant utilise ce que Maria Montessori appelait son « esprit absorbant » qui, comme une éponge absorbe les langues qu’il entend dans son environnement.
Il n’y a donc pas de « leçons d’anglais » mais une utilisation journalière de l’anglais.
A travers les scènes habituelles et répétitives de la vie quotidienne, par la lecture de livres ou à travers les chansons, l’oreille de l’enfant se forme à l’autre langue (anglais ou français selon les enfants) dès la maternelle.
De cette façon l’enfant peut apprendre les noms des couleurs ou les chiffres en anglais et en français. L’ambiance journalière incluant naturellement l’anglais et le français, tous les enfants auront l’oreille formée à ces deux langues dans une ambiance harmonieuse naturelle et gaie.

C’est également grâce à cette approche indirecte que l’apprentissage de l’anglais se poursuit en primaire. Mais, à la différence de la maternelle, l’éducateur anglophone de la classe élémentaire veille à ce que chaque enfant francophone travaille quotidiennement en anglais, par petit groupe et selon son niveau d’anglais. Les enfants vont ainsi acquérir progressivement la structure de la langue anglaise et apprendre à l’utiliser aussi bien à l’oral qu’à l’écrit.
Les plus grands (la classe des 9/12 ans) utilisent la langue anglaise pour les présentations de sciences et de géographie.

Exercice d'anglaisChants en anglais

Pourquoi apprendre une deuxième langue dès la maternelle ?

L’enfant a un cerveau très souple qui peut assimiler de nombreuses connaissances avant l’âge de 6 ans. Ces connaissances sont alors imprégnées pour toujours. C’est donc avant 6 ans qu’il doit être entouré par les intonations et la musique des langues qui s’imprègnent dans ses cellules. On peut donc parler une deuxième langue à un bébé dès sa naissance.
Par conséquent, il n’est pas nécessaire que la première langue soit totalement établie pour entamer l’acquisition de la deuxième. Bien au contraire, plus une langue est introduite tôt, plus facile sera son assimilation. Les deux langues ne se disputent pas le même espace dans le cerveau. Au contraire, elles se nourrissent et s’épaulent mutuellement.
Plus tard, il mélangera peut-être les deux langues dans une même phrase, mais fera rapidement la distinction.

Les avantages cognitifs du bilinguisme

Un jeune enfant qui apprend une autre langue devient porteur de l’altérité et de la diversité en lui-même et, par là même, il acquiert facilement une attitude ouverte envers d’autres cultures et d’autres modes de pensée, ce qui est un grand avantage dans le monde actuel. Il va de soi que ces facteurs externes sont importants et constituent un grand avantage du bilinguisme enfantin. Or, il est moins connu que le bilinguisme entraîne également des bénéfices en dehors des seules connaissances linguistiques. Il semblerait que le fait d’acquérir pendant l’enfance deux langues augmente également la créativité et la mobilité conceptuelle.
Il va de soi qu’un enfant français ne deviendra pas immédiatement un petit bilingue. Il faut du temps et de la patience.

1. Plus d’agilité intellectuelle

Différentes études se sont en effets penchées sur la question, et les résultats montrent que parler une deuxième langue permet d’influencer le développement du cerveau. Parler deux langues, ou plus, permet ainsi à l’enfant d’acquérir une meilleure capacité de concentration, de faire plus facilement des choix, de faire un tri entre les informations inutiles et les autres et, en résumé, de mieux développer ce qu’on nomme les « fonctions exécutives » du cerveau. Les résultats seraient visibles très tôt, dès 3 ou 4 ans, et si les chercheurs ne sont pas parvenus pour l’instant à identifier le mécanisme précis, ils pensent que c’est le fait de devoir jongler régulièrement entre deux langues, et donc d’exercer leur cerveau, qui aiderait les enfants à développer cette particularité.

2. De meilleures capacités d’adaptation

Une étude italienne, publiée en 2009, montrait en effet que les enfants étaient capables dès 7 mois de bénéficier des avantages d’une famille bilingue et de différencier les deux langues parlées par leurs parents, et qu’ils parvenaient en grandissant à développer des capacités d’adaptation à leur environnement du moment plus importantes que les autres. « Quand je parlais à ma grand-mère paternelle, je devais parler d’une manière qui, je l’ai découvert plus tard, s’appelait l’anglais », écrivait ainsi l’écrivain argentin Borges, « et quand je parlais à ma mère ou à ses parents, je devais parler une langue qui, par la suite, s’est révélée être l’espagnol ». Etre capable de se fondre dans le moule, tel un caméléon, est un atout incontestable pour affronter la vie et ses impondérables, mais aussi pour se faire apprécier par ses copains à l’école.

3. Une compréhension des autres plus affinée

Une autre étude, réalisée par des chercheurs canadiens et italiens, a également montré que les enfants bilingues comprenaient mieux les besoins de leurs partenaires de communication, et qu’ils étaient plus aptes à résoudre des problèmes non-verbaux. Des compétences bien utiles pour résoudre toutes sortes de conflits à l’école et à la maison ! Cette même étude confirme aussi le premier point : les enfants bilingues obtiennent de meilleurs résultats aux tests d’habileté cognitive et développeraient même, pour certains, des capacités grammaticales plus poussées.